«Avec des projets pour 4 à 5 milliards à court terme, on peut stimuler l’économie suisse»
23 janvier 2009Interview de Jean-Claude Péclet, Le Temps, samedi 10 janvier 2009
Dans Changer d’ère publié en mai 2007, Alain Berset et Christian Levrat demandaient que la Confédération et la Banque nationale s’impliquent plus dans la politique conjoncturelle. Dix-huit mois plus tard, les plans de relance se multiplient, et la BNS a agressivement baissé ses taux directeurs.
Le Temps: Sentiez-vous venir le choc?
Alain Berset: Non, pas de la façon dont les événements se sont produits. Je sentais en revanche, depuis quelques années, que le point d’équilibre entre non-régulation et interventionnisme public s’est dangereusement déplacé vers la première. Ce déséquilibre devait se corriger un jour.
Dans le livre, nous mettons l’accent sur deux points. D’abord sur le rôle de la Banque nationale, qui reste méconnu. Qu’elle le veuille ou non, la BNS est un instrument de pilotage de la politique économique. L’article 99 alinéa 2 de la Constitution précise que sa politique monétaire «sert les intérêts du pays» et qu’elle est administrée «avec le concours et sous la surveillance de la Confédération». Son indépendance n’est donc pas un dogme, et sa lutte contre l’inflation ne doit pas éclipser d’autres priorités comme le maintien du plein-emploi.
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