Sauvetage de l’UBS, comment faire pour bien faire ?
68 milliards de francs d’argent public affectés au sauvetage de l’UBS pratiquement sans possibilité de recours, la création, aux îles Cayman, d’une société de portage pour les actifs « toxiques » de l’UBS sous le contrôle de la Banque nationale mais sans droit de regard digne de ce nom pour la Confédération: faut-il cautionner une opération qui consacre la privatisation des bénéfices et la socialisation des pertes? Le paquet de mesures présenté jeudi 16 octobre par le Conseil fédéral, la BNS et la Commission fédérale des banques est financièrement et démocratiquement indéfendable…
Sur ce blog, le 30 avril dernier, je demandais un débat sur les conséquences de la crise bancaire sur la Suisse et une réflexion sur la surveillance des banques, sur les fonds propres de banques, sur leurs activités d’investissement, sur le rôle de la BNS notamment… Il était alors temps de se préparer. Malheureusement, le Conseil fédéral et une majorité du Parlement a refusé de mener la réflexion. Il y a à peine quinze jours, le Conseil des Etats refusait une motion qui demandait simplement que le Conseil fédéral se penche sur le système de surveillance des banques pour dire si il était approprié ou si il fallait envisager des modifications. Au nom du Conseil fédéral, Mme Widmer-Schlumpf a parlé de proposition « populiste ».
Dix jours plus tard, le même Conseil fédéral annonçait un plan de sauvetage de la banque impliquant 70 milliards de francs de fonds publics, reconnaissant que la surveillance des banques dans notre pays avait été incapable d’assurer une surveillance efficace.
70 milliards de francs, c’est 100 fois plus que ce qu’il faudrait pour créer une retraite flexible accessible à tous en Suisse, projet pour lequel le Conseil fédéral dit qu’il n’y a pas de moyens à disposition.
Aujourd’hui, il faut un autre plan de sauvetage pour l’UBS. Un plan qui offre une véritable conterpartie aux moyens investis par les pouvoirs publics, un plan qui soit adopté par le parlement et qui prévoie une vraie protection pour l’investissement de l’argent payé par les contribuables.
La politique est affaire de choix, cet événement est là pour le rappeler…
bonjour,
si j’ai bien compris votre proposition,vous vous trompez dans votre plan. Une augmentation des fonds propres de l’UBS de 54 milliards (en provenance de la nouvelle société appartenant à la conf et au cantons et financée par la BNS) provoquerait une dilution majeure des droits sociaux et économiques des actionnaires actuels. La violente baisse du prix des actions qui en résulterait serait peu bienvenue dans les fondations de prévoyance et parmi les citoyens suisses actionnaires. Les autres etats qui ont choisi la voie de la prise de participation ont justment acheté des actions sans droits de vote et sans droits économiques variables pour éviter cette dilution. A moins que vous vouliez punir massivement les actionnaires actuels.
D’autre part après cette nationalisation il ne fait aucun doute que le leader interantional de la gestion de fortune verrait des clients fuir massivement cette banque détanue par l etat Suisse . Et pourtant ce qu’il faut éviter c’est la fuite des clients…Quant à Singapour, massivement spolié par la dilution, il pourrait décider de quitter l’UBS et la Suisse et faire encore plus concurrence à la Suisse.
Enfin l’exemple allemand des banques gérées par l’Etat n’est pas là pour nous rassurer. Elles ont toutes trempés dans la crise des subprimes..
Il faut faire attention dans les circonstances actuel^les à ne pas effrayer encore les quelques créanciers de l’UBS qui le sont encore. Les créanciers étrangers ne comprenennent pas notre politique et la perspective d’un abandon du plan pourrait les faire fuir !
meilleures salutations
Michel Juvet
Cher Monsieur Berset
Quel dommage… Votre compère, Monsieur Levrat, et vous-même avez complètement détruit toute la crédibilité qui restait dans votre proposition. Il restait une mince chance pour la faire passer au Parlement et vous venez de tout gâcher.
Ok, votre idée de prendre une position importante dans le capital d’UBS est défendable, si l’on fait abstraction des remarques pertinentes de votre correlégionnaire Jean Studer…
Malheureusement, pendant des années vous avez hurlé au populisme contre l’UDC (à juste titre), et voilà que vous prenez le même travers qu’eux. Vous attaquez tout en même temps : le problème de l’UBS, les bonus, les salaires des managers… Et en plus vous voulez donner des leçons d’éthique économique. Quel fourre-tout ! Et après vous osez écrire que la politique est une affaire de choix ! Mais ce n’est pas de la politique que vous faites là, mais de la démagogie. Et c’est ce qui a définitivement coulé votre contre-projet qui avait le mérite d’exister. Maintenant, il est mort-né.
Maintenant, le débat n’est pas clos. Parlons de la socialisation des pertes… D’une part, vous faites fi de toutes les contributions fiscales au ménage confédéral de la part des grands établissements financiers jusqu’à ce jour. D’autre part, vous cachez les risques à la population : si l’UBS devait payer des indemnités aux plaignants dans le cadre de « class actions », comment expliquerez-vous aux contribuables suisses qu’ils doivent financer par une partie de l’argent public ces indemnités ?
Comme vous le dites, la politique est une affaire de choix… Entre deux maux, il faut choisir le moindre, non ?
Meilleures salutations
RH
Tout d’abord merci aux parlementaires, dont vous faites partie, qui se rebiffent contre la solution préconisée par le conseil fédéral.
Oui la situation est grave, elle pourrait être similaire à celle de l’Europe au sortir de la seconde guerre mondiale (mais chut, il ne faut pas faire paniquer le public) , et cela appelle des solutions. L’on ne parle pas du cas de l’UBS, mais de notre pays, et du reste de la planète. S’il s’agit de permettre à notre pays de s’en sortir, alors pourquoi aider l’UBS, pourquoi donc miser sur un cheval qui perd ? Pourquoi ne pas proposer cette manne à d’autres banques, telle la banque Raiffeisen, qui travaillent avec les acteurs de ce pays et qui ne dilapident pas l’argent des clients. Elles seraient certainement en mesure de revitaliser notre économie et nos PME.
Il me semble également que l’on n’évoque que très peu le côté a-moral de la situation. L’on parle d’ores et déjà de 20 millions de chômeurs supplémentaires dû à la crise bancaire. On est en passe de battre le record absolu en la matière, toutes générations confondues. Peut être serait-il temps d’employer le terme de « génocide économique » impactant les membres des familles des futurs chômeurs pour des décennies. Et pourquoi ne pas poursuivre les responsables comme on l’ai fait en d’autres temps, pour crime contre l’humanité. Quel regard porterons les générations futures sur notre époque, où l’on a pas eu le courage de lever les yeux et le ton devant les implacables Vopos du libéralisme et de la finance. Bien sûr tous ne sont pas coupables, certains ne font que survivre, comme nous. Mais à Nuremberg, on a bien finit pas trouver des coupables, quand on veut bien les dénicher.
A défaut d’amener le débat sur le plan moral et éthique, allez donc après ça faire comprendre aux petits jeunes, qu’ils ne doivent pas piquer à l’étalage !
Mais je rêve un peu, alors pardonnez-moi pour mon coup de gueule.
Vasella vient parler de populisme au téléjournal pour qualifier le débat sur son propre salaire. Parce que Monsieur est salarié. Ce n’est pas un entrepreneur, comme il y a en par ailleurs beaucoup dans le pays, qui tirent la langue pour survivre. L’argent a été trop facile pour les banquiers, ils se sont brûlés les doigts. Le jour même où le Conseil fédéral a indiqué vouloir injecter 70 milliards dans l’UBS, de l’argent qu’un jour ou l’autre de petits salariés, des patrons, des retraités ont payé, l’UBS annonçait 7 milliards de bonus pour les banquiers !! C’est ce qu’à dit M. Levrat au TJ. Est-ce vrai ?
Scandale, scandale, scandale. Et dire qu’il y a encore des pauvres types pour défendre le comportement de ces banquiers.
Quelqu’un pourrait me dire ce que comporte exactement ce paquet d’actions illliquides (quel joli terme pour des actions qui ne valent plus que le poids de leur papier
) ?
Impossible de trouver l’information, elle semble ne pas exister! C’est incroyable de penser que la banque centrale est d’accorde de payer 80 milliards de francs pour un tas de papier que personne n’a l’air de connaitre. L’UBS est vraiment sans gêne
@Michel Juvet
Monsieur,
Merci de votre message. Pour les principes de notre proposition, vous pouvez vous référer à mon site internet qui donne un lien vers les documents.
Permettez que je sois assez direct: vous ne me semblez pas avoir bien compris la réalité de la situation ! Selon les informations dont nous avons disposé mercredi dernier, l’UBS n’aurait tenu que 4 à 5 jours au plus. Ensuite, nous aurions eu un blocage complet, des files de petits clients devant tous les guichets UBS en Suisse et dans le monde, de violents mouvements pour les crédits et les hypothèques, je ne fais pas une liste complète. Je vous laisse imaginer la « spoliation » et la débâcle pour les actionnaires, les caisses de pension et l’Etat de Singapour. Voilà quelle est la vraie menace. Au moment de couler, je ne pense pas que les actionnaires d’une banque (une large majorité de l’UBS est détenue par des actionnaires étrangers) soient en mesure de faire les difficiles et de demander l’aide qui les arrange le mieux sans laisser de marge d’action à l’Etat sauveteur.
Il faut donc considérer aujourd’hui que l’intervention d’un Etat pour sauver une banque n’est pas un problème, mais une solution.
Naturellement, une recapitalisation de l’UBS à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de dollars (entre 20 et 30 selon mes informations, si l’on compte la valeur au bilan des actifs totalement illiquides ou très problématiques de l’UBS) aurait pour conséquence une dilution des droits sociaux et économiques des actionnaires. Elle ne serait pas aussi massive que vous semblez l’indiquer et ne donnerait certainement pas une majorité à la Confédération, mais cette dilution serait tout de même nettement plus élevée que lors de l’arrivée de Singapour dans le capital de la banque.
Quelle est l’alternative proposée? Que la BNS rachète pour 60 milliards, soit leur valeur au bilan, les actions à problèmes dont l’UBS cherche à tout prix à se débarassser. Le jour où le plan a été annoncé, la direction de l’UBS a d’ailleurs écrit à tous les employés pour annoncer que la banque s’était enfin débarassée du boulet… qui atterrirait dans les mains d’une société de la BNS, sise pour des raisons que tout le monde ignore sur les îles Cayman!
D’un autre côté, l’entrée de l’Etat suisse dans l’actionnariat, de façon partielle et temporaire, pourrait aussi être le prix à consentir pour un sauvetage par l’argent public. Cela dit, je peux concevoir qu’il existe pour vous, comme représentant de la branche, un conflit de loyauté entre les intérêts de la banque et les intérêts de l’Etat et des citoyens. Pour moi, cet intérêt se rejoint lorsqu’il s’agit du principe d’un sauvetage, il peut diverger cependant lorsqu’il s’agit des modalités.
Je pense qu’il faut sauver l’UBS, mais pas sans garanties aussi solides que possibles pour l’argent public, essentiellement par respect pour les gens et les entreprises qui paient des impôts.
Quant à l’évolution des cours en bourse et de l’effet d’une recapitalisation. Permettez-moi d’abord de rappeler que le cours de l’action UBS a été divisé par quatre en peu de temps, faute à un marché ébranlé, mais faute aussi aux erreurs de gestion de l’UBS et au rôle que l’UBS a joué, comme banque intégrée, sur les marchés financiers. Le cours se situe grosso modo autour de 20 francs aujourd’hui. Les conséquences négatives sont donc déjà là. Les effets d’une recapitalisation par l’Etat se feraient probablement plutôt positivement sentir à terme: l’implication, partielle et temporaire, de l’Etat montrerait clairement que la banque est soutenue.
Lorsque l’Etat de Singapour est entré dans le capital de l’UBS, il a reçu des actions en échange, et tout le monde s’est félicité de l’arrivée de cet actionnaire. Je ne vois pas pour quelle raison les contribuables suisses n’auraient pas les mêmes droits que les habitants de Singapour si ils aident l’UBS à s’en sortir. C’est aussi une question de principe et d’équité.
Vous semblez craindre, probablement pour des raisons idéologiques, un Etat actionnaire. On sent dans votre intervention que cela pourrait à vos yeux conduire à des dérives pires encore. Je vous prie, aujourd’hui, alors que nous vivons une situation dramatique causée par un système duquel l’Etat s’est fortement désengagé, de bien vouloir me dire à quoi pourrait ressembler une situation pire.
Avec mes meilleures salutations.
Alain Berset
Salut Alain,
j’ai regardé la télé ce soir. Je soutiens vraiment ton point de vu et t’encourage à ne pas lâcher le morceau. C’est une cause très importante .
Alors, concernant Vasella par exemple, 30millions, divisés par 10000 francs ça nous fait 3000 personnes, un bon village suisse qui ne raque pas pour cette affaire. Et on ne parle que d’une année de pourboires de l’intérressé.
Alors oui, vu sous cet angle, et en imaginant que ce systeme a duré quelques années, il serait juste que ces personnes, je n’en connais pas le nombre, restent bien tranquilles, avec une certaine fortune. Je pense que l’on peut vivre à l’aise, une jolie retraite de vieux banquier avec 10 mio.avec un joli bâteau et tout et tout.
Les banquiers sont les premiers à nous dire lque e petits ruisseaux font les grandes rivières. Chacque sous compte donc pour alléger ce que les gens ou alors l’état auront à payer.
Je suis convaincu de ton point de vue, et suis convaincu qu’il sera accepté et fera exemple.
Reçois tout mon soutien dans cette affaire alain.
joel
Cher M. Berset,
J’aurais aimé que par honnêteté intellectuelle vous renonciez à utiliser la notion de « privatisation des bénéfices et socialisation des pertes » qui est totallement fausse dans le cas de la recapitalisation de l’UBS et vous le savez fort bien.
Vous, socialistes, êtes les premiers à préconiser l’approche Keynesienne en incitant l’état à investir lors des périodes de crises. C’est ce qu’il a fait dans ce cas de figure.
La banque nationale sur sa capacité d’emprunt propre – et non avec l’argent du contribuable – a emprunté sur le marché des capitaux la somme de USD 60mrds et a pris une participation indirecte dans une société de détention d’actifs.
De plus, l’état a pris une participation directe dans UBS en y investissant. La souscription consiste en un emprunt convertible payant 12.5% d’intérêts par an, ce qui sur 30 mois, représente un intérêt simple de 31.25%, ou 1.875 mrds de francs. Ce dernier chiffre est le rendement que la Confédération et donc le contribuable va recevoir. Merci de m’indiquer où est la socialisation des pertes…
Finalement, les actifs toxiques transférés à la société de détention ne sont toxiques que part manque de liquidités. Ce manque de liquidités va être levé dans les mois qui viennent et les actifs en question seront à nouveau vendables. Ce n’est qu’une question de temps. Le transfert a été effectué à une valeur inférieure à la valeur d’acquisition, on peut donc s’attendre à ce que leur vente ne représente pas une perte, mais plutôt un bénéfice. Ce bénéfice va engendrer de l’impôt et donc profiter aux contribuables.
Finalement, les CHF 68 mrds de cash que l’UBS reçoit par ce mécanisme de refinancement permettent de préserver de nombreuses places de travail, financer le crédit aux PME, maintenir l’attractivité de la place financière suisse qui représente une portion importante du PIB et donc de maintenir la capacité bénéficiaire de la première banque du pays. Qui dit bénéfices, dit impôts…
Je suis très étonné que le peuple se laisse berner par des arguments aussi faux que ceux que le parti socialiste répend ces jours.
Bien à vous,
Pierre Kladny
Monsieur,
Je suis outré de la décision du Conseil Fédéral d’investir une somme d’argent aussi considérable dans l’UBS, et surtout de la façon qu’il va le faire. Il serait trop long d’exposer ici mon point de vue, mais je serais très heureux de pouvoir vous expliquer la raison de mon courroux
Félicitations pour vos prises de positions courageuses!
Continuez dans ce sens, la population en a assez de la langue de bois de certains dirigeants de l’économie, des bonus honteux, du prix de certains médicaments en Suisse en regard du bénéfice des pharmas etc.
Merci pour votre travail politique.
Je ne trouve pas juste de devoir payer avec mes impôts une partie des 68 milliards de francs à l’UBS. Ces gens qui d’ordinaire ne s’occupent pas de mon sort, de mon salaire, de mon budget, de mes problèmes, ces gens qui sont arrongants et imbus d’eux même,ces personnages qui d’ordinaire ne s’interessent qu’à leur nombril et surtout qui ont une fortune dans les banques et qui finalement doivent bien s’amuser que leurs ruses fonctionnent. Parce que ces gens ont de l’argent et en plus ils reçoivent les bonus de fin d’année. Ils rient parce qu’ils croient que les gens du peuple ne comprennent rien dans la finance et qu’ils peuvent profiter de notre ignorance. Je suis vraiment déçue de la politique Suisse.
Monsieur,
la crise financière est ce qu’elle est on nous en parle et reparle depuis des jours. J’ai cependant beaucoup apprécié votre intervention (ainsi que celle de Mr Levrat) au téléjournal de ce lundi 20 octobre. Comme tout citoyens de la classe moyenne, la situation due à cette crise m’inquiète. Mais ce qui me révolte c’est les montants des bonus qu’ont reçus (et que reçoivent….encore) certains responsables de l’UBS ou d’autres entreprises.
J’ai pu lire dans la presse de ce dimanche que mr OSPEL par ex a encaissé plus de 145 milions en salaire et en bonus. (!!!) Avec mon salaire d’éducatrice de la petite enfance je touche 50.000 par année… no comment!
)) Encore merci pour tout le travail que vous effectué.
Ce qui me fait peur..c’est que cela soit encore une fois le citoyen qui payera une partie des 56 miliards débloqués par l’Etat. Ce qui signifierait une hausse d’impôts!
Quand je pense à la peine que nous avons à faire débloquer des fonds pour créer des structures de la petite enfance dans notre pays… et là paf le conseil fédéral « trouve » 56 miliards.
Bref tout cela est….infecte et une chose est certaine…JE ne passerai pas à la caisse pour payer ces Mr les dirigeants! Ne serait-ce que avec 100.- car pour eux 100.- c’est rien…pour moi c’est un dixième de mon budjet ménage!!!
Heureusement dans ce pays il y a des personnes bonnes, engagées comme vous et Mr Levrat j’espère que vous pourrez faire pencher la balance du bon côté c’est à dire… le remboursement des bonus (pourquoi j’en ai jamais eu moi???
Avec mes salutations distinguées
Monsieur, nous nous sommes rencontrés il y a 2 ans à un séminaire kpmg à Lausanne dont vous étiez l’un des orateurs.
j’apprécie beaucoup votre prise de position s’agissant de l’aide étatique prévue par le CF pour l’UBS. la « méthode » prévue me paraît tout à fait inadéquate, notamment pour les raisons suivantes:
- la Confédération (le pays) ne profitera pas beaucoup en cas de retour à meilleure fortune. prise de risque totale, prise de profits potentiels limitée. Quel investisseur (privé) accepterait cela ? à mon avis personne.
- quelle méthode ?: celle que vous préconisez. Augmentation de capital de l’ubs souscrite par les pouvoirs publics suisses. ce qui permet entre autres de désigner des personnes compétentes à la tête de cette institution, les tenants actuels ayant tous trempé dans les causes du problème (Kurer, Rohner) et ont largement profité des super bonus. Là également un investisseur privé qui réinvestirait massivement procéderait à des changements, indispensables.
- le véhicule d’investissement : ne pouvait-on trouver une formule plus ridicule (et plus cynique) qu’une structure off shore Cayman Islands ? là aussi, comme vous l’envisagez, la structure doit être de droit suisse.
- transparence :depuis la nomination du nouveau CEO (Rohner), puis du nouveau président (Kurer), les fausses informations sont balancées au fur et à mesure. En tant que petit actionnaire d’UBS (40Kf investi), je constate que ces gens prédisent régulièrement la fin des problèmes, pour revenir quelques semaines plus tard avec un wagon de nouveaux problèmes. par conséquent, l’investissement public ne pourrait se satisfaire (sauf d’avoir le contrôle du conseil d’administration) d’informations distillées de manière incorrecte et qu’a malheureusement toléré trop longtemps la CFB.
- démocratie : bien que les USA ne soient pas un modèle, il faut reconnaître que le plan Paulson a suscité un grand débat et travail démocratique entre l’exécutif et le parlement. En Suisse, rien de tout cela. Comme d’habitude, on joue la terreur (en invoquant un article constitutionnel), pour justifier un « plan » que le parlement n’a pas eu loisir d’examiner.
Mon souhait et ma conclusion : battez-vous ! défendez nos intérêts.
Meilleures salutations,
C. R., chef d’entreprise
Monsieur le Conseiller aux Etats,
Je me permets de vous contacter au sujet de votre contreproposition concernant le plan de la Confédération pour refinancer l’UBS que j’approuve par ailleurs sur le principe et que tous les Etats concernés devraient appliquer.
Tout comme vous et beaucoup de citoyens suisses et d’autres pays, je suis particulièrement choqué et scandalisé par ces politiques de « sauvetage de banques privées » passant par la socialisation de pertes gigantesques.
Ceci étant, je crois savoir qu’en ce qui concerne l’UBS, les 54 milliards de $ « empruntés » par la BNS à la FED vont en fait être pris sur le du fonds Pauslon de 700 milliards et ne seront de ce fait jamais remboursés. Il s’agirait d’un deal plus général avec les USA (voir article ci-dessous) , ceux-ci ne pouvant par ailleurs avouer publiquement qu’ils vont sauver la banque d’investissement UBS avec l’argent des contribuables des USA. Cela explique probablement aussi la localisation du siège de la nouvelle société aux îles Caymans.
De manière plus générale les fameux 700 milliards serviraient avant tout à éponger une grande partie des avoirs pourris en main des principaux créanciers et financeurs des USA (ce qui permet à ces derniers de survivre, de soutenir le $ et de financer leurs folles dépenses).
Pour plus de détails voir l’article de Mike Whitney ci-dessous.
Ceci n’amoindrit en rien le scandale des opérations et spéculations invraisemblables de toutes ces banques et la politique visant à faire supporter aux contribuables la facture. Mais il se pourrait que dans le cas de l’UBS ce soit les contribuables des USA qui financent le désastre.
J’espère que cette information vous sera utile et je vous félicite pour votre proposition alternative que je soutiens vivement.
Avec mes meilleures salutations
Cher Monsieur Berset,
Je me permets de vous écrire, suite à l’annonce du plan du gouvernement, pour le soutien aux banques et à l’économie suisse.
Je me disais qu’au lieu de s’occuper d’anciens bonus de Monsieur Ospel (ces bonus que je trouve déplorables, et franchement ignobles!) pourquoi ne pas maintenant mettre toute notre, votre énergie à remodeler et réformer le système financier mondial. Le monde de la finance ne doit plus être au service du spéculateur, mais de l’économie et de l’entrepreneur. Je pense que suite à une refonte totale de la finance, les bonus n’existeront simplement plus.
Je pense que les quelques millions de bonus, même si c’est un chiffre énorme pour nous, communs des mortels, pour une banque telle que UBS, ce n’est pas grand chose, et cela ne changera rien. Puis à force de ne parler que de cela, on vous traitera de populistes.
J’espère que ma modeste intervention vous touchera, un tout petit peu.
Avec mes meilleures salutations.
Monsieur Berset,
Vous émaillez votre discours de combien de tellement d’inexactitudes savamment distillées que je me permets de faire appel à votre honnêteté intellectuelle. Ce soir encore à Forum sur RSR la Première, vous parlez d’un plan de sauvetage de 68 milliards de la Confédération. Pourrriez-vous enfin dire la vérité soit que la Confédération investi 6 milliards de USD (c’est déjà beaucoup, on est d’accord) par le biais d’une obligation convertible, ni plus, ni moins.
Les 54 autres milliards sont prêtés par la BNS à une société de portage qui reprend des actifs actuellement illiquides (et non-pourris, la nuance est de taille) d’UBS. Que je sache la BNS n’est pas détenue par la Confédération : c’est une institution indépendante qui a pour mission de veiller à la stabilité du CHF et de la place financière, elle ne fait rien d’autre que faire son rôle en l’occurence.
Les actifs illiquides transférés sont actuellement difficilement négociables, ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas de valeur. Cette société aura le temps nécessaire devant elle pour vendre ces actifs à bon prix. Et il est tout à fait probable qu’elle réalise un bénéfice sur la vente des actifs. Ceux-ci ont déjà été fortement amortis par UBS (près de 40 milliards) et le sont une seconde fois de 6 milliards, montant de fonds propres que l’UBS investi dans ladite société qu’elle revend à 1.- USD à la BNS. De plus, seuls 31 milliards d’actifs illiquides sont transférés, le reste étant à la demande de la BNS des actifs diversifiés pour que cette société ait un profil de risques moins concentrés. En cas de résultat positif, la BNS touchera 1 milliards de prime puis les bénéfices seront répartis moitié-moitié. Cela me paraît un deal honnête.
Avec mes salutations les meilleures.