Les socialistes veulent baisser les prix et hausser les salaires
J’ai modéré vendredi matin à Berne une conférence de presse sur l’évolution des salaires et des prix, à laquelle participaient également mes collègues Simonetta Sommaruga, Suzanne Leutenegger-Oberholzer et Christian Levrat. Voilà ce qu’en a dit la dépêche de l’ATS:
Le Parti socialiste (PS) n’en démord pas: le moment est venu de baisser les prix et d’augmenter les salaires. A trois mois et demi des élections, il s’en est de nouveau pris à la politique économique de la droite, responsable à ses yeux d’une diminution du pouvoir d’achat des ménages.
Les socialistes veulent profiter de l’«excellente» situation économique actuelle pour corriger le tir en matière de salaires. «Ces dernières années, les salariés ont travaillé plus durement, plus longtemps, plus intensément, mais les fruits de leurs efforts sont tous retombés dans le panier des entreprises, des actionnaires et des dirigeants, dont les rémunérations ont explosé», a dénoncé Christian Levrat hier devant les médias.
Et de s’élever contre la «rengaine» selon laquelle une baisse des prix implique obligatoirement une baisse des salaires. On peut très bien réduire les prix et augmenter simultanément les salaires, car le niveau élevé de ces derniers est plus que largement compensé par la haute productivité des travailleurs suisses, selon lui.
Le conseiller national fribourgeois et président de Syndicom a plaidé dans la foulée pour une interdiction immédiate des salaires de moins de 3000 francs. A moyen terme, le seuil minimal doit être fixé à 3500 francs. Se posant en défenseur «d’une Suisse plus juste et plus sociale pour les salariés et les consommateurs», le PS a aussi répété tout le bien qu’il pense d’un éventuel accord de libre-échange agricole avec l’UE et des importations parallèles. L’UDC, le PRD et le PDC en ont pris pour leur grade, accusés de plier face à la chimie et aux paysans, de retarder l’introduction du principe du Cassis de Dijon ou de maintenir des prix surfaits dans la construction.
Autre cheval de bataille: octroyer aux consommateurs helvétiques les mêmes droits qu’aux européens. La conseillère aux Etats Simonetta Sommaruga (BE) est d’avis que le niveau de protection des consommateurs est nettement inférieur en Suisse dans la plupart des domaines, alors que le niveau des prix est supérieur. Et de citer à titre d’exemple les taxes prélevées par les opérateurs téléphoniques et les banques pour les opérations internationales. La stagnation actuelle des prix et des salaires est socialement inacceptable et économiquement contreproductive, puisqu’elle entrave la consommation, a averti le conseiller aux Etats Alain Berset. Sans compter que la population est confrontée à des charges fixes comme les loyers et les primes d’assurance maladie toujours plus lourdes. /ats
Bravo, je suis entièrement d’accord avec vous. Mais j’aimerais bien comprendre pourquoi, quand tous les partis (ou presque) disent la même chose, « il faut faire baisser les prix », il n’y a toujours pas de décision politique sur le sujet…. Il y en aurait qui raconteraient des histoires ?
un tantinet démago tout ça…
« du pain et des jeux », la formule n’a pas changé sauf qu’en 2007 c’est encore plus fort: on ne fait que promettre le pain.
ps suisse: « travaillez autant pour gagner plus et payer moins cher! » waow, je vote!
et après on critique la droite quand elle caresse l’électeur dans le sens du poil xénophobe…
paroles paroles paroles
et comment le ps compte-t-il s’y prendre pour contrer l’augmentation des matières premières?
comment augmenter les salaires alors que de plus en plus de personnes ont accès au marché du travail suisse, dont un grand nombre sont très qualifiées?
quels prix allez-vous faire baisser? les transports publics, les médicaments, la viande?
finalement, comment faire pour payer moins cher un produit si les salaires de toutes les personnes participant à sa production et à sa vente ont augmenté?
le ps est bien mal en point mais est-ce une raison pour faire d’aussi belles promesses paraissant bien difficiles à tenir, je me le demande
ps: interdire les petits salaires c’est augmenter le travail au noir.
si j’ai 3 enfants et que je travaille, j’aimerais bien engager quelqu’un pour m’aider. si je veux une jeune fille au pair, je devrai la payer 4000.- par mois?
Un extrait susceptible d’enrichir la discussion:
« Contrairement à la rengaine qui prétend faussement qu’une baisse des prix implique obligatoirement une baisse des salaires, ces deux données – prix bas et hauts salaires – ne sont absolument pas incompatibles. S’il est associé à une haute productivité du travail, un haut niveau des salaires nominaux peut très bien s’accompagner de prix bas. Or, en comparaison internationale, on constate qu’en dépit de salaires moyens nominalement plus élevés qu’ailleurs, les coûts salariaux unitaires réels en Suisse sont inférieurs à ceux des pays de l’Union européenne. D’autre part, malgré ces salaires nominaux plus élevés qu’ailleurs, le pouvoir d’achat moyen du travailleur suisse est aujourd’hui plus bas que dans de nombreux pays européens (notamment la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark ou la Belgique). Conclusion de ces comparaisons: la haute productivité du travail que connaît la Suisse compense plus que largement le haut niveau nominal des salaires. En terme de productivité, nous disposons même d’une marge qui permet d’absorber à la fois une baisse des prix et une hausse des salaires. »
tiré de levrat.ch . Edifiant sur la position un peu naïve du PS: croissance, croissance, croissance. Ils combattent l’économie partout où ils peuvent, et exigent ensuite qu’elle finance hausse de salaire et baisse de prix.
Cela va bientôt faire deux mois sans un billet….
Que se passe-t-il ?
Etes-vous en train de battre de campagne ou nous avez-vous oubliés ?
))
Il y a pourtant tant et tant de sujets à aborder ….
@ Tiouk
Vous avez raison!
Cela dit, les vacances sont finies et bien finies, le débat peut reprendre ses droits et je me réjouis de nos prochains échanges ici même!